ARRIVEE A PARIS DU PETIT NEVEU DE NOSTRADAMUS,
Et ses grandes Prophéties sur le sort de la République.
LE VOILA! LE VOILA, CITOYENS ! LE PETIT NEVEU DE NOSTRADAMUS, AVEC SES LORGNETTES DE TROIS METTRES DE LONG !
ÉCOUTEZ, AUJOURD'HUI, SA GRANDE FUREUR ET VOUS VERREZ, QUE SANS TRENTE-SIX CHANDELLES, IL Y VOIT PLUS CLAIR QU'EN PLEIN MIDI.
>REPUBLICAINS, Garde à vous ! j'ai vu de loin sourire les ennemis de notre patrie, au récit des revers que la seule scéleratesse des Triumvirs nous a fait éprouver ; mais mes amis, prenez courage, triple moustache d'un petit bouhomme de bois !
mon grand oncle, le fameux NOSTRADAMUS, ne s'est jamais trompé dans ses prédictions, (honneur et gloire soit rendue au grand homme), il m'a laissé, en mourant, tous ses secrets pour lire à Livre ouvert dans le cœur humain : Oui, mes amis les républicains de tous les départements, écoutez, et frémissez d'horreur ! que chacun apprête son rin-tin-tin, le mien est prêt, triple moustache d'un bon hussard, pour exterminer toute l'infernale clique, (soit dit sans médire) ; anglico-russo, autrichienne ; si elle s'avise jamais de mettre les pattes sur notre territoire, où qu'elle veuille seulement, morbleu, essayer de nous manigancer le moindre boucan dans l'intérieur..... je vous vois rire d'ici, mes fricassauds, avec vos laides figures, vous avez l'air en relevant vos grosses lèvres, et en secouant vos mesquines têtes, de vous amuser de mes prédictions : eh bien ! mes cousins de loin, (soit entre deux parenthèses), rira bien qui rira le dernier, c'est un vieux proverbe de mon village, qui se vérifiera, ventrebleu ! comme je l'annonce ; vous avez mis dans votre calcul que les vrais républicains ces fameux lurons, mes amis, qui haïssent toute espèce de tyranie, étoient des fesse-MATHIEU, qui se laissoient abattre par le malheur, eh bien soit dit sans vous déplair, vous n'avez jamais connu ces braves, il faut les examiner (mille et une bombarde), dans les dangers : c'est-là qu'on voit les hommes, ah mordieu ! vous croyez, lâches ennemis de la France, nous maquignonner à votre aise : eh bien, paroissez. Nous jurons de vous prendre mesures d'escarpins et de vous tailler des croupières ; essayez de souiller le sol de la Liberté, et vous verrez si nous sommes des bougres à
Mais grace au ciel et au courage de nos braves Représentans, messieurs les Triumvirs,
Républicains, mes amis, gard à vous, je le répète, l'on conspire contre la République. Que chacun de vous s'arme de son rin-tin-tin pour voler au premier signal où les dangers de la patrie l'appelleront. C'est alors que vous verrez beaux jeux, tas de plats jean-foutres qui demandez à grands cris un maître, et qui voulez nous en donner un .....
Républicains, mes amis, je vois avec mes lorgnettes tous ses fesses-matieux d'aristocrates se visiter l'un l'autre, rire à gorge déployé lors-qu'ils apprennent que nous avons essuyez quelques revers.... Mille bombes : tonnerre et demi, que ne les voyez-vous comme moi courir, se
Mille bombe, triple bombarde, tout mon corps s'érisse, mon sourcil se fronce, mon sang s'enflamme : non, morbleu, non, il n'est plus de salut républicains, si nous ne nous réunissons, notre perte est certaine. Déjà le Midi est souillé par les lâches satellites de Louis XVIII. Oui, Messieurs les bougres, vous vous foutez des tons de crier tout haut : vive l'esclavage, vive l'archiduc Charles, tas d'imbéciles, de fanatiques et et de brigands, vous insultez , vous assassinez les pauvres bougres de Républicains isolément ; allez, allez, on veux vous foutre une salade sans sel ni oignons, dont vous vous souviendrez long-temps. Français, mes amis, ô vous tous braves lurons qui avez résolus de vivre libre, voilà le moment où il faut se rallier, au diable tous les peureux, qu'ils prennent le large comme le chien de Jean de Nivel, et qu'ils nous laissent en repos. C'est nous, braves Républicains, qui devons sauver notre Patrie : oui, mille bombe, tonnerre et
Républicains, mes amis, mes voisins, imitons ces bons bougres du Département du Puy-de-Dôme, ces descendans de ces fameux Gaulois qui foutirent de si jolies tournées à César et à toute son armée. Ah ! mille bombes, messieurs les Muscadins de Lyon, vous devez vous rappeler de la descente des rochers du Puy-de-Dôme dans le faubourg de Veze , lorsque vous vous avisâtes de vous révolter pour nous fouttre un maître. Aujourd'hui ces mêmes Républicains, ces fameux bougres qui ont foutu Lyon à la raison une foi, viennent de se rallier et de jurer tous ensemble d'exterminer tous nos ennemis s'ils s'avisent de souiller le sol de la République de leur hydeuse présence. Hé bien ! messieurs les chouans, les compagnons de Jésus et du Soleil, retournez dans le département du Puy-de-Dôme assassiner les Gendarmes et voler la recette comme vous l'avez fait, plats coquins, il n'y a pas longtemps, on vous y attend, on vous fera courrir encore plus vite que la première fois.
Parisiens, et vous surtout fameux bougres des Faubourgs, reprenez cette attitude fière, cette héroïque énergie que vous avez montrez au commencement de la Révolution. Triple moustaches, mes amis, il n'y a plus à tortiller des fesses, il faut montrer les dents à l'infernale clique Anglico-Russe-Autrichien, ou devenir ses esclaves, et porter en plat couyons vos têtes sous leur fer assassin. Triple bombe, tonnerre et demi, comment mes camarades, vous pourriez voir, en plats jean-foutres, égorger vos femmes, vos enfans,
Mes amis, les Républicains de tous les Départmens, du courage, de l'énergie, tous les brigands se sont coalisés pour foutre la République en déroute ; mes amis rassurez-vous, tous les efforts de cette clique infeinale seront anéantis, la liberté triomphera, et le temps n'est pas éloignés où nous pouvons tous goÛter à l'ombre des oliviers de la paix et au sein de l'abondance, les fruits de tous les sacrifices que nous avons faits pour conquérir notre liberté.
Adieu mes amis, mes cousins, je vous souhaite le bon jour pour aujourd'hui, je vais braquer mes lunettes sur ce scélérat de Schérer, sur ce vil caméleon, qui étant major dans une légion Brabançone, livra plusieurs postes aux Autrichiens, passa ensuite chez l'ennemi pour recevoir le fruit ces honteuses trahisons, vint en France au commencement de la révolution pour nous diviser et nous trahir, fut l'ami, l'espion des émigrés le persécuteur des officiers patriotes. Enfin, le lâche qui le croiroit, il changea en 1793 de forme et de figure pour mieux nous tromper et nous trahir. II se livra à tous les excès révolutionnaires. Nommé Ministre de la guerre par l'intrigue de Rapinat,
Demain Schérer tu m'entendra ; si tous Républicains doit désirer de trouver des innocents, la patrie lui fait un devoir de dénoncer les Coupables.
GUILLAUME